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  PAROLE DE LAUZES
Sculpture de Domingo Cisnéros | Résidence 2001
               
 
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  La commande
La résidence
L’œuvre
Une vie nouvelle…
Domingo Cisnéros
Vue par les visiteurs
Revue de presse




LA COMMANDE passée à l’artiste se résumait à quelques mots : une intervention pérenne, fixe et faite avec des matériaux locaux, pour créer un signal le long du sentier des lauzes, traduisant cette volonté de réinventer la vie dans les Cévennes. La formule de la résidence retenue par l’association est une condition indispensable à la rencontre : rencontre entre l’artiste, les habitants et un paysage qui a sa personnalité, son fonctionnement, son histoire et ses contraintes. Cette période de travail in-situ nous a semblé nécessaire pour que l’intervention artistique ne réponde pas seulement à une démarche individuelle mais s’inscrive fortement dans son contexte, répondant aux attentes des commanditaires et pour qu’elle apparaisse au final comme constituante du lieu.

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LA RÉSIDENCE

« En invitant Domingo Cisneros, les membres de l'association Sur le Sentier des Lauzes savaient aussi qu'ils découvriraient un homme habitué à la survie, à la mort et la disparition des cultures, et qui s'est fait, que ce soit par la défense des environnements sauvages mais aussi des cultures autochtones et régionales, un porte-parole du renforcement de l'identité culturelle par la création artistique. … »
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a résidence de Domingo présentée et racontée par son association Territoire Culturel.

La résidence de Domingo Cisneros à St-Mélany a duré 1 mois et a été ponctuée de nombreux échanges avec les habitants. Avec ceux qui ont accompagné Domingo dans son travail, lui apportant des lauzes, reconstruisant la murette, défrichant autour du ruisseau, redécouvrant avec lui un paysage, scellant avec lui ses sculptures, l’invitant à partager un repas ou simplement venant lui rendre visite. Avec les enfants de l’école venus le voir à l’œuvre. Hébergé avec sa compagne Antoinette et la journaliste Québécoise Louise Landreville dans une maison mise à leur disposition au hameau de l’Eyrolle, la « délégation québécoise » a été aussitôt immergée dans la vie locale.
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Cette résidence s'est achevée par une marche inauguratrice, menée par Henri Belleville, directeur du Parc, entouré de membres du Conseil général, du Conseil régional, de la municipalité de Saint-Mélany, d’habitants, d’amis, d’amoureux de la Vallée de la Drobie. La foule importante a composé un panorama inusuel dans la brume autour de Parole de Lauzes. Cette inauguration consacrait la naissance officielle de la première "Vallée culturelle".

« Tout en ponctuant notre chemin de nouvelles références, votre oeuvre est porteuse d'un message de continuité et ce n'est qu'à cette condition que la création peut être véritablement source de développement.
Nous avons aujourd’hui la confirmation que cette vallée est propice à la création artistique et, c'est sans doute vers cette vocation que nos efforts doivent désormais tendre ici : offrir aux artistes de toutes sphères un espace permanent de création. »

H. Belleville, Président du Parc Naturel Régional, extrait du discours d’inauguration.


« Cette attitude – respect du déjà-là, démarche collective, invention d’un sens nouveau – me paraît être exactement celle que nous imaginions en proposant d’inventer des « modèles de développement adaptés à notre vallée ».
Martin Chénot, extrait de son discours d’inauguration.


« …Nous sommes encore imprégnés de l'esprit des Lauzes, de ces 5 semaines passées parmi vous et de l'œuvre qui en est née. Vous dire un grand merci pour votre accueil est peu de choses en comparaison de ce que nous avons ressenti. » Extrait de la lettre de Domingo et Antoinette au sentier des lauzes.


Un échange entre l’Ardèche et la Matawinie se scèle ici, un jumelage – ou plutôt un « mariage » - entre les villages de Saint-Mélany (Ardèche) et de Sainte-Mélanie (Québec).



L’ ŒUVRE

Parole de lauzes est le message que nous a livré Domingo Cisneros et le nom de son œuvre. C’est la traduction de son engagement envers le patrimoine dont nous sommes tous légataires et responsables.
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Poursuivant le travail des « anciens » en réutilisant un mur de pierres sèches, faisant appel à la tradition pour sculpter ses figures de schiste, il a conçu une intervention à la fois ambitieuse et respectueuse, qui a pris place naturellement dans le paysage de la vallée de la Drobie. Chacun, habitants permanents ou occasionnels, habitués ou touristes de passage, a pu apprécier cette œuvre parfaitement intégrée qui prouve qu’il n’est pas vain de vouloir donner un sens nouveau aux éléments de notre passé, en réponse aux attentes de notre époque.
En premier, on découvre les lauzes dressées sur un mur, telle une colonne vertébrale. Ces pierres, originellement taillées en forme de papillon, constituaient le faîtage des toits de lauzes. Réutilisées ici pour couronner le mur, elles ont été sculptées de façon figurative pour évoquer des visages naïfs. Tournées les unes vers les autres, ces lauzes semblent discuter entre elles, crier vers les cîmes, formant un étrange conciliabule.

« Parole de Lauzes... Vingt figures de pierres sculptées et scellées dans le mur restauré, puis plusieurs stèles surplombant la montagne, incrustées à même le rocher, se détachent maintenant dans le ciel ardèchois. En arrière-plan, le village du Charnier, et plus loin, au-delà des montagnes, le massif du Tanargue (le "Tonnère", en langue d'oc) inspirait la création de "El Espiritu de la montana", sorte d'aigle de pierres. A l'extrémité du mur, "El Sol", impressionnante roue solaire aux crans dentés, poitrail de pierres ouvert au levant comme au couchant, et en contrebas, "Familia", figures sans doute humaines, auxquelles l'artiste a dédicacé son action. »

‘Familia’ est autant un hommage aux ancètres de cette terre qu’une prière à la fécondité. Aux ancètres, à ceux qui ont modelé ce paysage de faïsses, des ruisseaux jusqu’ aux crètes, de vignes, de chataigniers, de jardins, de grangettes… à la fécondité, vœu personnel ancré ici et manière d’évoquer l’avenir de la vallée.

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UNE VIE NOUVELLE...

Une occasion de se réapproprier l’espace. Au-delà de la création d’une œuvre pérenne qui marque désormais le sentier, au-delà de toutes les rencontres provoquées par cette résidence, l’intervention de Domingo Cisnéros a permis de révéler un lieu gagné par l’abandon. En investissant ce lieu, l’association en a assuré le débroussaillage, faisant renaître un mur, le ruisseau, les prés alentour et les souvenirs des anciens qui venaient garder leurs bêtes, laver leur linge, faire les foins… Ce lieu, effacé par la friche, dont le nom se perdait dans l’oubli, a trouvé une nouvelle vie : il est redevenu un lieu repère que chacun sait nommer. Désormais, on dit : « aujourd’hui, je suis passé à parole de lauzes », preuve d’une ré-appropriation de l’espace par les habitants.


Une façon d’inviter à la découverte de la vallée et de soutenir l’économie locale
« Parole de lauzes » devient progressivement un prétexte à la découverte du sentier des lauzes. Son existence, diffusée localement par le biais de la presse, de l’office du tourisme ou du bouche à oreille, génère désormais une fréquentation régulière et très étalée dans l’année. Cette fréquentation participe à faire fonctionner l’économie locale (bars, restaurants, gîtes, producteurs locaux) et permet aux habitués de la vallée comme aux touristes de découvrir en toute saison un autre aspect de ce pays.

La plaque en bronze et la signalétique de l’œuvre ont été réalisées par Alain Gauthier, fondeur à Saint-Mélany.

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DOMINGO CISNÉROS


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Né en 1942 à Monterrey, Mexique, Domingo Cisnéros étudie la philosophie, les lettres, l'architecture à l'Université de Nuevo Léon, puis le cinéma à l'Université de Mexico. Il émigre au Canada au début des années 70. Enseigne au Collège Manitou (directeur du département Arts et Communications), premier collège amérindien, où sont représentées les nations autochtones du Canada. Il sculpte et réalise des installations, principalement dans des lieux sauvages : désert de la Zona del Silencio (Mexique), Kluane (Yukon), Maradälen (Norvège), Enriquillo (République Dominicaine). Il réalise de nombreuses expositions au Canada, Etats-Unis, Amérique Latine et en Europe. Il est le créateur des concepts "art-nature" et "art-aventure ». Il réalise actuellement un projet de Territoire Culturel, le premier territoire sauvage exclusivement réservé à la création artistique, agréé par le ministère des Parcs et de la Faune du Québec.
L’art de Domingo Cisnéros s’inspire directement des traditions autochtones ancestrales et se compose essentiellement de sculptures réalisées à partir des matériaux originaux de son environnement (bois, pierre, fibre, plumes et ossements). Il travaille notamment en Matawinie, au Québec, à l’élaboration d’un territoire culturel, un espace protégé et réservé à la création artistique.

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L’ŒUVRE VUE PAR DES VISITEURS




« Un chemin poétique, un chemin musical, un chemin où l’on peut rencontrer des amis… en lauzes. Et un chemin qui incite au rêve Merci aux artistes et à tous ceux qui l’ont fait. »
Renée J.J.

« Domingo,
Je connaissais les lieux avant votre venue. Pour y avoir joué de la trompette tout gamin. Merci infiniment d’avoir révélé ce jardin « secret » en proposant votre œuvre. Elle m’a ému, profondément, par sa poésie et sa justesse. J’y vois le dialogue entre les hommes, entre les peuples, j’y vois l’âme des montagnes alentours…
Domingo, auriez-vous ici, dans ce paysage unique, trouvé le « la » absolu ! ?
Merci encore. »
Benoît.

« Je trouve que Domingo a su intégrer son œuvre dans le paysage. C’est comme si elle avait toujours été là. Merci à tous pour ce côté chaleureux et humain que l’on peut vivre grâce à toute cette action… Que cet échange humain, culturel, puisse toujours continuer… »
Naura.


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REVUE DE PRESSE

> Journal télévisé France 3, lundi 29 octobre 2001.
> «Le Dauphiné Libéré», 8 janvier 2002.
> «Le Dauphiné Libéré», 29 octobre 2001.
Info Pays, décembre 2001.
> Cd-rom de Parole de Lauzes, Productions Enfantimages / Sur le Sentier des Lauzes.
> Film documentaire d'Edouard Boulay, Productions Enfantimages.
> Journal de voyage électronique du Groupe Territoire Culturel ("Le BavArt", bulletin d'Espaces Emergents)
> «L'homme qui plantait des Lauzes», de Louise Landreville, Journal Matawinie (Québec).

« Des signaux pour communiquer avec la nature.»
» Les sociétés doivent prendre conscience qu’elles ne peuvent plus ignorer l’art et la nature.
» Dans les Cévennes, les membres de l’association Sur le Sentier des Lauzes parfaitement relayés par le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche l’ont parfaitement compris. Et Domingo Cisnéros a ouvert le chemin. Une voie sacrée… »
Sébastien Gayet, Le Dauphiné Libéré (08/01/02).


« Des têtes, ébauches de visages aux bouches qui veulent parler, crier peut-être, …
» Parole de lauzes » que chacun peut écouter, recueillir, inventer, rêver… »
Ginette Mathieu, Info Pays, décembre 2001.


« Ne demandez pas à Domingo ce qu’il va faire. La réponse est cinglante : « je ne sais pas, demandez à la pierre ! (…) Il ne faut jamais s’imposer à la nature. » Avec constance et obstination, provocation guerrière parfois, Domingo dénonce, à travers son statut d’artiste sans frontière et naturaliste, l’évolution de notre société et la dégradation de nos rapports avec la nature. »
Sébastien Gayet, Le Dauphiné Libéré (28/10/01).

               
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