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  OTO DATE
Intervention d' Akio Suzuki | Regards Croisés sur le Paysage - Résidence 2005-2007

c. groult
               
 































BC
















avec catherine grout

(photos : bc)















































  la commande
Le Parc naturel des Monts d’Ardèche a invité l’artiste Akio Suzuki à travailler sur la question du sentier.
Lié à un peuplement dispersé, le chemin a longtemps été considéré comme un élément purement fonctionnel, associé aux activités sociales et économiques. Il marque une présence, une maîtrise de l’homme sur son environnement. Mais ce qui était chemin de nécessité s’est progressivement transformé en lieu de promenade avec une possible ouverture sur le paysage.
Toutefois, si ces mutations peuvent parfois conduire à des conflits d’usage, le chemin, ou sentier, reste le lien physique entre les hameaux, passage obligé d’une vallée à une autre, chargé d’histoire et d’imaginaire.

OTO DATE


Akio Suzuki s’est attaché à révéler ce qui a été oublié. Il a exploré certains des sentiers de la vallée de la Drobie, cherchant les liens qui existaient entre les hameaux avant que les routes ne soient ouvertes, attentif aux récits des habitants rencontrés et aux points de résonance sonore et visuelle Il a choisi de signaler huit points de vue par des « oto date » qui sont des points d’écoute  marqués au sol par « une empreinte d’oreilles en formes de pieds », moulés dans une plaque de ciment.
Deux des « oto date », « sortes de chambres d’écoute » sont abrités chacun par un mur incurvé construit par Akio Suzuki en pierres sèches, selon la technique locale.

Pour intégrer le plus possible ses « oto date » dans le paysage, Akio Suzuki a collecté de la terre sur chacun des sites choisis afin de la mélanger au ciment et en nuancer la couleur.
Ces haltes ponctuent un itinéraire qui part du sentier des Lauzes et s’en écarte pour ouvrir sur le Tanargue. Il sera accompagné d’une carte spécifique et d’une signalétique indiquant les emplacements des « oto date ».
Les « oto date » d’Akio Suzuki sont, pour le visiteur qui les expérimentent, autant d’ouvertures par le regard, de percées dans l’horizon, de liens et d’échos à p
ercevoir, dominant la vallée de la Drobie, au nord vers le Tanargue, au sud vers la cascade du saut de la dame et la Croix de fer.
BC





Akio Suzuki

BC

Akio Suzuki a débuté ses recherches dans les années soixante par les « Self-Study Events » puis par une série d’expériences intitulées « en quête de points d’écho ». Il crée dans les années soixante-dix des instruments pour échos comme « Analapos » dont la structure ressemble à deux miroirs se faisant face et se réfléchissant à l’infini.
En 1988, il construit « Space in the Sun », dispositif composé de deux grands murs parallèles entre lesquels on peut s’asseoir et se livrer à l’écoute attentive des sons de la nature le jour de l’équinoxe sur la ligne du méridien à Amino (Kyoto).
« En 1996, au Sonambiente Festival de Berlin, j’ai commencé à présenter « oto-date », une suite d’endroits précis où s’écoute la symphonie d’une ville. Plus tard j’ai développé ce concept à Enghien, à Paris, à Strasbourg et à Chu-Wei (Taïwan). « Oto » signifie « son » en japonais, et « date » est la contraction de « nodate », nom donné à la cérémonie du thé en plein air. Il s’agit pour le passant de découvrir une sensation nouvelle, à partir d’une attitude inhabituelle consistant à rester quelque temps immobile en un endroit précis marqué au sol par une empreinte d’oreilles en forme de pieds. » (Akio Suzuki, oto-date 2004, Paris)
Tous ces « points d’écoute » permettent une approche auditive, visuelle, olfactive, une compréhension intime du lieu.
« Nous ressentons que notre corps est un des composants du moment sonore (par sa présence, par notre cage thoracique qui fait résonance, par l’apport de notre souffle…) nous sommes dans une ouverture au monde qui est celle du paysage. » (Catherine Grout, La traversée du paysage, notes.)
Les installations sonores d’Akio Suzuki, telle que « From one bamboo »(musée Zadkine, Paris, 2004), ou « Les baisers du vent » (Cosmiquebled, les Arques, 2004),  nous invitent à ressentir une présence « se déployant dans l’espace- temps du lieu ».



               
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